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L'art a la tête dans les étoiles
Le désormais celèbre festival d'art numérique "Art outsiders" crée par le binôme Jean luc Soret/ Henri Chapier il y a trois ans, frappe fort avec une version inédite de cette manifestation consacrée à l'art spacial "Space art".

Quelques quinze installations vidéos et photographies d'artistes européens et américains, jalonnent un parcours extraordinaire qui nous fait pénétrer dans les méandres de l'espace, les lois de la gravitation et sa dimension artistique.
L'excellente scénographie de Pierre Hespel habille élégamment les salles d'exposition de la Maison européenne de la photographie et fait entrer le public dans une atmosphère mystérieuse et calfeutrée où tous les sens sont en éveil.

Les trois premières installations -"Tate in space", "Cosmic dancer" et "Gravitation off"- regroupées dans une salle obscure tapissée de l'oeuvre constellation de Takuro Osaka "The fullness of emptiness", sont enfermées dans des boules de verre et placées sur un sol lunaire de graviers.
Au délà du conditionnement visuel et sonore, il y a la fascination de découvrir à quel point les scientifiques du monde entier (Russie, Lettonie, ...) et les artistes travaillent ensemble autour de ce sujet et ce depuis des années.
"Tate in space" de Susan Collins lance en juillet 2002 une appel à projets architecturaux pour l'invention d'un musée dans l'espace rendant ainsi plus réelle la possibilité de voyages civils spaciaux. Seules les créations les plus pharaoniques sont montrées au public sur le site web www.tate.org.uk/space (1).
"Cosmic Dancer" d'Arthur Woods nous rapelle avec émotion la disparition passée sous silence, de la première sculpture cosmique partie et morte dans l'espace avec la désintégration le 23 mars 1993 de la station MIR.

Mais l'une des interactions les plus fascinantes entre le public et la recherche, reste l'installation de Jean Marc Philippe élu projet du XXIe siècle par l'UNESCO et permettant chacun grâce à un ordinateur d'envoyer des messages anonymes à Kéo, satellite qui sera mis en orbite autour de la terre en 2006 et qui reviendra se poser sur terre dans 50000 ans avec toute notre histoire. De quoi laisser rêveur...

La diversité de ces oeuvres touche aussi un sujet qui préoccupe beaucoup les scientifiques : la pollution dans l'espace. L'artiste californien Richard Clar s'intéresse à travers son installation en 3D "Collision II" et "Space, a dangerous place", au problème des milliers de déchets organiques et matériels (près de 10000 sont recencés) laissés en orbite dans l'espace. Son travail mené en collaboration avec la Naval research laboratory à Washington DC lui a permis d'identifier la provenance de quelques 192 objets qui forment une sculpture mouvante en perpétuelle évolution.

Bref cette troisième édition est définitivement une grande première mais pas une dernière puisque le sujet fait déjà des émules à travers le monde. Selon Jean luc Soret initiateur de "Space art", la ligne directrice d'Art outsider n'a absolument pas changée. Le festival s'interesse plus que jamais à toutes les formes émergentes de l'art contemporain et permet grâce à cette thématique fascinante de toucher un plus large public. Cette exposition se tiendra jusqu'au 9 novembre et sera ponctuée d'un programme riche de conférences, performances et projection de documentaires.
Mission réussie pour l'équipe innovante d'art outsiders qui comme chaque année garde sa spécificité et ouvre son champ d'action à tous les territoires où l'artistique s'exprime.

Joan Amzallag.

Festival Art Outsiders 2003 – “Space art”
Du 1 octobre au 9 novembre 2003.
Maison Européenne de la Photographie
5-7, rue de Fourcy
75004 Paris
Tout le programme et les installations sont visibles sur le site d'Art Outsiders Cliquez-ici

(1)"Tate in space" sur le net :
Cliquez-ici

visuel haut
Photo Extrait Film “Space Love”
© Digital Cinema
visuel bas
© Susan Collins – Tate in Space 2002.
visuel droit
Keo - Installation interactive © Keo