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L’art contemporain dans l’intimité d’une chambre d’hôtel
Il y a 5 ans, Michael Sellinger et Alexis Hubshman de la « Rare Gallery » de New York décident de créer en parallèle au très célèbre et select Armory Show le « Art Scope », visant à mettre en lumière les artistes émergents.
L’idée est de donner à quelques jeunes galeries à budget réduit (la place allant de 500 à 5000 dollars), carte blanche pour présenter leur sélection d’artistes afin d’établir un dialogue plus facile avec les collectionneurs.

La mise en scène est originale : présenter les oeuvres dans les chambres d’un hôtel sélectionné pour l’occasion, avec souvent la présence de l’artiste. Le Scope Art Fair s’accompagne aussi d’enchères silencieuses et de projections cinématographiques.

Apres le Gershwing Hotel et le Dylan Hotel, c’est le Gansevoort, hôtel flambant neuf situé dans le très branché Meatpacking District de New York, que le salon a élu domicile squattant pour l’occasion 4 étages du lieu.

65 jeunes galeries européennes et américaines (contre 28 en 2002 pour la première édition de « Scope ») étaient représentées avec des œuvres allant de la vidéo à la photo en passant par des sculptures aussi différentes que loufoques.

D’une chambre à l’autre, les visiteurs traversent des univers et des ambiances totalement différentes. Certaines galeries font la preuve incontestée de beaucoup de créativité, d’autres décident de rester très conservatrices.
La COFA installée dans la chambre 607 a repeint les murs pour l’occasion d’une tapisserie rouge pour mettre en scène les installations lumineuses de Tracey Snelling. La galerie de Jack le Pélican a pris le parti d’accompagner musicalement les œuvres de Laura Emrick et du japonais Yoshio Itagaki.

L’art a envahi les murs, les plafonds, les penderies et même les toilettes de ces chambres d’hôtel qui n’en sont plus.
On remarquera la chambre 315 investie par la galerie Stevenson et transformée en cube mortuaire mettant en scène les photos noir et blanc de David Michalek représentant les « 14 stations »de la croix.

Pour Olivier Houg, Art Scope était une première sur le territoire américain. Accompagné de son fils, ce galeriste lyonnais présentait pour l’occasion deux artistes talentueux, Renaud Bezy et Mathias Schmied autour du thème des comics (bandes dessinées mettant en scène des super héros), du découpage dans le temps et de la vidéo. Un choix artistique judicieux qui semble avoir porté ses fruits puisque des projets de partenariat avec une galerie de Chelsea semblent se profiler pour l’année à venir.

Art scope 2004 restera marquée cette année par les œuvres hyperréalistes troublantes d’Evan Perry, artiste canadien présenté par la galerie Artcore de Toronto- Des sculptures et des tableaux réalisés avec des cheveux humains et du silicone rappelant la texture de la chair humaine.

Mission réussie pour le comité organisateur de ce salon un peu particulier. De l’avis des participants, Art scope favorise incroyablement les contacts et les conversations entre galeristes, artistes et acheteurs.
Olivier Houg fort d’un carnet d’adresse bien rempli, sera présent à Art Scope- Miami, tant l’expérience a été fructueuse.

Cette cinquième édition a brassé plus de 10000 curieux et professionnels, le fruit d’un investissement beaucoup plus important que l’an dernier dans la médiatisation de l’événement. La plupart des galeries auraient vendu près de la moitié de leurs œuvres et parfois la totalité dixit Robert Curcio le co-fondateur de la foire.
Une formule intimiste qui semble séduire parmi les plus grands collectionneurs du monde entier qui s’étaient déplacés pour l’Armory Show.

Fort de ce succès populaire et médiatique, « Scope » continue son parcours annuel sous le soleil de Los Angeles et de Miami et continue de prendre le pouls d’un marché de l’art toujours aussi vivace aux Etats-Unis.

Joan amzallag-zaktreger


Du 21 au 24 mai 2004 à Los Angeles
Du 15 au 18 octobre 2004 à Londres
Du 2 au 5 décembre 2004 à Miami
Pour plus d’infos : SCOPE ART

Visuel : Vue de l’HOTEL GANSEVOORT – New York