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L’Association des Jeunes Artistes Coréens de Paris à Chizè
Si dans les méandres de l’esprit, le regard imprime le voyage qu’il effectue d’objet en objet, alors nous pourrions lire dans l’œuvre de jeunes artistes coréens l’hybridation de deux cultures.
A l’occasion des 2ème Rencontres Internationales d’Art Contemporain de Chizé, l’Association des Jeunes Artistes Coréens de Paris présente un large éventail d’œuvres, couvrant des pratiques aussi différentes que peinture, sculpture, installation, ou vidéo. Cela semble légitime pour le visiteur occidental habitué à des expositions d’art contemporain, pourtant, cette variété des supports répond à l’explosion créatrice de ces artistes coréens, habitant à présent en France, et n’apportant souvent de leur pays que l’expérience de la peinture figurative. Une quarantaine d’artistes livreront ainsi ce nouvel héritage dans une exposition collective qui jouera sur différentes perceptions de l’espace et du temps.
Parmi eux, Youngok Park s’interroge sur les relations entre les individus et sur ce fil imaginaire qui nous relie à notre famille. A la surface de ses grandes toiles abstraites, la ligne, tracée avec du fil, serpente et capte l’attention tandis que des silhouettes se découpent dans les couleurs, laissant l’incertitude du spectateur se tisser une interprétation de ce qu’il découvre. Une autre artiste femme, Eunok Hwang propose des séquences vidéo où elle se met en scène dans notre environnement quotidien. Elle interroge d’une façon faussement naïve les comportements qui régissent les corps. Pourquoi ne pas se laver tout habillé alors que nous sortons avec nos vêtements, pourquoi ne pas aussi se glisser dans le réfrigérateur alors qu’on y est met tout et n’importe quoi ? Ainsi, on la voit prendre une douche en chemise ou bien se recroqueviller, ficelée par un emballage plastique, dans un réfrigérateur…Gyu-Chul Cho pose également la question de l’identité avec des photographies-autoportraits où sont scannés des fragments de son corps. On peut alors voir dans les masses grises de l’image, un véritable labyrinthe où les plis de la chair, plus contrastés, ne semblent nous sourire qu’au contact de la vitre froide du scanner.
Inaugurant cette exposition, un groupe de musique traditionnelle accompagne une performance artistique où d’autres artistes coréens incarnent pour quelques temps les chamans de leurs ancêtres. Intitulé « Sunghawangdang », ce spectacle rituel aux allures de fête couronne de son éclat magique, les recherches plastiques de ces jeunes artistes. « Sunghawangdang »…cela veut dire la maison de prières pour les coréens qui sortent de l’enceinte du village et vont au devant d’une rencontre avec les esprits de leur famille. Dans le village de Chizé, ce mot évoque aussi une rencontre, peut-être plus terrestre, avec le public.

Daphné LE SERGENT


Exposition « Le temps géographique », Association des Jeunes Artistes Coréens
Eglise et place de l’Eglise de Chizé
Vernissage de l’exposition, performance Sunghawangdang
Samedi 24 juillet à 14h00
2ème Rencontres Internationales
d’Art Contemporain de Chizé.
Du 23 au 26 juillet 2004



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Légende du visuel « La Folie », Youngok Park