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Faites vos jeux...RIEN NE VA PLUS à Enghien-les-Bains
du 3 juin au 25 juillet 2004
5ème Biennale d’art contemporain d’Enghien-les-Bains


À Enghein, on joue ! Depuis 1996, l’association In Situ - Christine Benadretti et Christine Larroque - invite des artistes à investir des espaces urbains et publics dans la ville. Chaque biennale suscite étonnement et... jeu ! Le commissariat est confié depuis 1994 à Catherine Grout.


RIEN NE VA PLUS, un titre choisi par l’Agence Integral, "afin d’enclencher une réflexion favorisant une sorte de remise en jeu des attendus "... Remise en jeu, jeu... on mise, on joue à Enghien Les Bains, cela fait des lustres que certains y perdent des fortunes !

Pour nous aider à nous repérer et à nous guider dans cette Biennale, Odile Fuchs a installé des parcours de signalisation utilisés pour les chemins de randonnée. Deux parcours nous signalent les oeuvres, un troisième tend à nous montrer les curiosités de la ville, mais, "le caractère éphémère de certaines curiosités perçues par les habitants ne permettra pas forcément aux visiteurs de les éprouver, bien qu’elles soient mentionnées sur la signalétique..." Effectivement, sur une des étiquettes, il y avait "Bruit de talons", moi je n’ai rien entendu, j’avais mes tongs!


Dès le premier passage pour piétons, face au Casino et ailleurs, on rencontre
"Les tapis verts": grands carrés verts monochromes, dont les bordures sont faites d’une série de petites bandes alternées blanches et vertes de 8,7 cm. de côté chacune". Mazette, c’est précis ! C’est Daniel Buren qui joue à Enghein.

Sur le lac, flotte le drôle de bateau (qui ressemble à un cube) sur lequel trônent des chaises. L’œuvre de Heimo Zoberning doit nous faire réfléchir sur le lieu, son confort, sa spatialité. Dans la cas présent, personne ne peut monter sur le cube ni s’asseoir sur la chaise ! On regarde, au loin, c’est pour cela qu’il s’appelle "Le Bateau imaginaire".

Tadashi Kawamata a composé «Construction Fence», des cabanes de chantier à 3 parois visibles, placées le long du parcours de la Biennale. Nous pouvons y entrer, si nous demandons la clef. Une fois à l’intérieur, on peut s’asseoir sur la chaise en bois, (il n’y a qu’une chaise, le plaisir est solitaire) et s’isoler ainsi dans la contemplation du lac.... En revanche, il est vrai qu’on ne peut s’épanouir devant la contemplation de la cabane de chantier, et que de dehors, on voit aussi très bien le lac, malgré la cabane de chantier qui obstrue un peu la vue... sur le lac !

Des vitrines de magasins d’Enghien accueillent les caniches royaux "Poodles" de Shin Myeong-eun, répliques miniatures de trois grands caniches (1,50 m de hauteur) installés dans les jardins. Mais s’ils sont de toutes les couleurs, ils ne nous en font pas voir de toutes les couleurs. "un chien artificiel peut être emmené partout sans désagrément". Shin Myeong-eun réfléchit sur les codes sociaux étroitement liés aux comportements affectifs.

Le parcours est agrémenté des très belles photos de Jean-Luc Moulène placées là ou se trouvent d’habitude les affiches publicitaires ; photos interrogeant le réel et son image.

Tout à côté du Casino, au jardin des roses est installée la très rigolote et esthétisante structure d’accueil «Bivouac en roses», boîte colorée, réalisée en bois et modulable par Muf architecture/art.

Alors, allez-y à Enghien Les Bains! J’attends vos impressions, vos frissons intellectuels qui devraient, à en croire le titre, être aussi intenses qu’au casino !

Rosy Chaignon


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visuel : "Poodles" de Shin Myeong-eun