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Entretien avec CharlElie Couture - 2ème Partie
Etês vous un artiste prolifique ?

CharlElie : Je suis un artiste extrêmement prolifique . Je jette un peu mais je produis énormément. Ca s’accumule et quand ce n’est pas bon je repasse dessus , je recommence . Par exemple les tableaux qui sont présentés ici représentent des dizaines, des centaines d’heures de travail. Il n’y a pas un endroit, un centimètre carré qui n’ait pas été visité 5 fois, 6 fois.. 10 fois. Chaque étape est une étape voulue, ce n’est pas parce que j’ai terminé que c’est réglé… Je passe, je repasse, je commence, je recommence…
J’ai des milliers de dessins. Il n’y a pas moyen de faire autrement de toutes façons… pour acquérir l’aisance, la dextérité, il n’y a que ça.
Et c’est cela qui permet à un moment donné d’arriver à cet état d’apesanteur qui est celui qui s’approche du sublime ou de l’absolu, de ce qu’on appelle la création.

Avez vous toujours sur vous un carnet, des crayons ?

CharlElie : Oui, j’ai toujours quelque chose sur moi. Un petit carnet, des crayons, je prends des notes tout le temps. Là je suis arrivé et j’ai pris une note, l’idée c’était l’éphémère.
J’étais sur mon scooter, j’ai regardé une vitrine, il y avait un très joli sari pour enfant, un truc pour adulte qui avait été fait pour enfant. J’ai regardé cela et je me suis dit : qui est ce qui peut acheter ça ?. Je me suis dit des parents un peu riches, ou des parents qui vont vouloir un instant habiller leur enfant au mieux. Parce que ce n’est pas un objet fréquent et je me suis dit pourquoi est ce que les gens veulent faire ça, ils veulent faire ça parce que pendant un petit temps, ils veulent que leur enfant soit beau. Je me suis dit que leur enfant ne va pas être beau
pour toujours, il va être beau à l’instant où il va mettre cet objet qu’ils ont acheté, et cela va durer quoi, cela va durer quelques secondes. Je me suis dit en fait, le monde vit pour des éphémères, dans l’éphémère. C’est à dire avec une espèce de rêve d’une beauté qui ne peut être qu’éphémère. Le choix d’acheter ce vêtement est mû par une aspiration qui est de toute façon très très courte. Qu’est ce que cela deviendra ? je n’en sais rien du tout…
Mais je crois vraiment que l’on vit avec cette quête de l’éphémère. La quête de la beauté c’est pareil.
Mes carnets de note sont remplis d’idées, de réflexions, comme ça ou bien quelque fois c’est lié à de l’esthétique et je reviens sur mes carnets selon mes besoins.

Vous avez été l’un des premiers artistes à vous lancer sur le net, certainement pour essayer cette nouvelle expression mais aussi pour développer votre merchandising, cela marche t’il ?

CharlElie : La première raison pour laquelle je me suis mis sur le web, c’est que justement le web m’a donné la possibilité de réunir des activités que je menais en parallèle depuis plusieurs années sans que les gens arrivent à faire la connexion et avec internet on peut la faire facilement.
J’ai donné la possibilité aux gens d’avoir une espèce de frémissement, de sensation de ce que je peux faire. C’était vraiment important.
Longtemps après, puisque cela s’est ouvert l’année dernière, on a créé un site moonsquid.com qui est attenant à charlelie.com et sur lequel on tente de répondre aux aspirations des gens qui cherchent des produits qui ne seraient plus distribués dans le commerce. Ca ne marche pas. Disons que cela suffit pour répondre à quelques demandes, mais en même temps je ne pourrais pas vivre de ça.
Le merchandising…une connerie totale tant que les gens n’auront pas la faculté de mettre dans leur ordinateur une carte spéciale pour sécuriser en toute confiance leurs actes d’achats !
Je suis un internaute habitué depuis des années, j’ai dû acheter trois fois sur internet.
Je comprends que les gens hésitent. Si j’avais une boutique, même une petite boutique, je vendrais cent fois plus que sur le net.
Internet ce n’est pas un lieu de commerce mais un lieu de transmission de savoir, de la connaissance.
Tu ne peux pas acheter un tableau réellement sur internet ? j’en ai vendu trois peut être depuis sept ans via internet. Comment peux tu avoir la sensation d’une œuvre.

Sur notre site www.art-contemporain.com, nous proposons aux artistes la possibilité d’avoir des galeries virtuelles, ce que nous leur disons, c’est que le net est avant tout de la communication.
La communication crée du contact, le contact engendrera un échange. Ceux qui disent que l’on peut vendre une œuvre d’art directement sur le net, c’est faux. C’est d’abord du contact.

CharlElie : Absolument, alors en contact, là, c’est génial. Je ne calcule pas le nombre incroyable de jonctions, de conjonctions que j’ai eues grâce à mon site. J’ai une moyenne de trente messages par jour. C’est énorme. Je passe tout mon temps libre sur le web. Dès que j’ai fini quoi que ce soit d’obligatoire, je suis sur le web. Ca me prend énormément de temps. Ca fait du mal à ma vie de famille. Parce que si je suis présent dans l’endroit, l’ordinateur justement m’a obligé à être avec eux dans la pièce principale, je suis devant mon écran et j’y passe un temps injuste.
J’espère qu’un jour je trouverai le moyen de gérer ça et de diminuer ma pratique, parce que j’étais déjà à saturation d’activités et ça, cela m’en a rajouté une autre sans fin.
Même à la limite quand je n’ai plus de message, car cela m’arrive de temps en temps, je fais des trucs, je mets en ligne un article que j’avais commencé, etc…
C’est un puit sans fin, sans fin……..

Pour tout savoir sur CharlElie, consultez son site : CHARLELIE.COM

Merci à CharlElie
Bernard Lalanne
Entretien réalisé le 18 avril 2002 pour
www.art-contemporain.com