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Bandes à part : le cinéma dans l'art contemporain
jusqu'au 12 octobre 2003
Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg
Un montage difficile...


C'est dans le cadre des célébrations des 20 ans du réseau Frac que le Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, chef d'oeuvre d'architecture contemporaine, présente une exposition sur la relation historique entre l'art contemporain et le cinéma.

L'imagerie Hollywoodienne - de Mickey aux pin-up des années 50- le rôle du spectateur au cinéma et dans une salle de projection, les techniques du montage et du tournage, la symbolique du jeu des acteurs sont tour à tour decryptés, interprétés, réécrits par des artistes aussi divers qu'Andy Warhol, Boris Achar ou encore Pierre Huygue.

L'art et le cinéma ont toujours entretenu un lien privilégié mais les années 70 voient l'émergence d'une vraie relation-réflexion entre ces deux formes d'expression artistique. Le parcours de l'exposition s'articule en deux parties distinctes : l'une consacrée à la relation historique du cinéma et de l'art, l'autre sur le décodage des règles techniques de la création cinématographique. La présentation se veut originale par la mise en place d'un dédale de mini salles de projection, mais elle rend incontestablement la compréhension plus difficile, sollicitant constamment tous les sens des spectateurs.

Le fond issu des collections des 22 Frac en France est riche en oeuvres plastiques (photo, peintures, dessins) mais fait la part belle aux installations vidéo et sonores.
D'une salle obscure à une autre, souvent installées en enfilade, le spectateur se retrouve plongé dans différentes expériences cinématographiques et souvent acteur involontaire d'un film qui est en train de se tourner.
Parmi les oeuvres originales, on notera la présence de John Baldessari qui dénonce à travers son "script" les effets de montage et les artifices du cinéma Hollywoodien en faisant jouer la même scène d'un film à 7 couples de comédiens. Plus loin Pierre Huygue nous fait revivre en simultané trois scènes cultes du cinéma des années 30. Dans une autre salle, l'artiste projète un remake bancale de "Fenêtre sur cour" tourné en une semaine par des cabotins, plaçant ainsi le spectateur averti devant la version ratée de ce chef d'oeuvre du 7e art.
Nicolas Flock installe lui le visiteur au centre d'une pièce aménagée de quatre écrans, qui projète le même film à différents moments, tentant ainsi de résoudre la question du Hors champ.
Toutes ces réalisations, quel que soit le médium choisi par les artistes, décortiquent de façon parfois abrupte mais souvent ludique les mécanismes du film pour le critiquer. On ressort de ce parcours filmique et artistique trop conceptuel, étourdi et souvent frustré de ne pas avoir tout saisi de la pensée de certains artistes. En revanche l'exposition est une occasion intéressante de découvrir une nouvelle fois la richesse des fonds des Frac autour d'un même thème.

Joan Amzallag.

Les 20 ans des Frac : c'est ici

visuel :
Dominique Gonzales-Foerster, Ann Lee in Anzen Zone, 2000,
FRAC Midi-Pyrénées