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Rencontre avec Manuel Emch collectionneur d’art contemporain

Vous êtes Président des Montres Jaquet Droz en Suisse.Pouvez vous nous raconter votre parcours ?

Mon amour de l’art et du bel objet m’a d’abord conduit à suivre une formation de designer à l’Art center de la Tour de Peilz, antenne suisse de la fameuse école de Pasadena. J’ai ensuite exercé mon art à Milan, puis suis parti à Londres chez Sotheby’s. Après quelques mois dans la capitale anglaise, je prends la décision de poursuivre ma formation académique par un cursus complet à HEC Lausanne. Mon diplôme universitaire en poche, j’ai travaillé quelques années d’abord en tant que consultant dans le « Business Process Re engineering » puis auprès d’un des leaders mondiaux du FMCG, Philip Morris, dans le marketing. En 2001, on me propose la tête des Montres Jaquet Droz. Il s’agit de faire renaître de ces cendres cette marque d’exception. J’accepte immédiatement de relever le défi.


Vous êtes aussi un collectionneur d’art contemporain. A partir de quel âge, avez-vous commencé à acquérir des peintures ?

J’ai toujours eu un intérêt passionné pour l’art. Mais je peux dater mon premier acte de collectionneur à l’été de mes 15 ans. Je travaillais dans une galerie d’art moderne. Et en guise de paiement, j’ai reçu ma première œuvre.

Quel est le mouvement artistique qui vous parle le plus ?

Je suis extrêmement sensible à l’art contemporain. La photographie tout particulièrement. Et s’il ne fallait citer qu’eux : ce couple qui fonda l’Ecole de Düsseldorf si influente : les Becher. Mais aussi toute cette génération d’artistes allemands qui les suivirent : les Gursky, les Ruff . Mais ce ne sont pas les seuls. Je suis également extrêmement sensible à la mouvance des Young British Artists mise en lumière dans les années 90 par la galerie Saatchi&Saatchi. Last, but not least, les résurgences du Pop Art. Mais plus qu’un artiste reconnu, une école ou un mouvement, c’est l’œuvre qui doit me parler. Me toucher et m’émouvoir. Par ce qu’elle dégage, par sa beauté.

Avez-vous des pièces majeures ?

J’ai effectivement quelques pièces dites majeures ou reconnues comme telle. Mais avant toutes choses, je les ai acquises pour elles-mêmes pour ce qu’elles me disent

Quel est l’artiste en ce moment qui vous « attire » le plus ?

Actuellement, je suis surtout à la recherche de jeunes artistes dont la force est ailleurs que dans la reconnaissance mais dont le potentiel va peut-être éclater sous peu.

Que pensez vous des foires d’art contemporain.Y allez vous chaque année ?

Aussi souvent que mon emploi du temps me le permet j’essaie de participer aux foires d’art contemporain. Elles sont de véritables fourmilières d’artistes. C’est l’occasion de faire des rencontres déterminantes. Je ne manque jamais Art Basel, et fait mon possible pour me libérer une journée lors de la Fiac et de la foire de Bruxelles ou de Londres.


Etes-vous sensible au travail d’artistes qui ne sont pas forcément connus, ou faut il pour vous, investir dans des valeurs sûrs ?

Comme suggéré précédemment, c’est l’œuvre qui prime avec un penchant cependant pour les jeunes artistes. Parfois, je craque pour un artiste reconnu, mais comme garde fou, je me suis imposé de ne jamais dépasser un budget préétabli.


Pourriez-vous nous dévoiler un de vos tableaux et nous le décrire ?

Je vous décriais œuvre de Yoshitomo Nara. Une œuvre sur un support traditionnel, le papier, mélangeant à la fois peinture acrylique et crayon de couleur. C’est une œuvre de taille modeste, et de composition très épurée, empreinte de la technique de l’aplat, mais qui dégage une force expressive rare. Un mélange de mélancolie et d’agressivité qui rend cette œuvre troublante, quasi envoutante.

Au monde, quel est le musée qui vous a le plus fasciné ?

Je serais tenté de faire une distinction entre le contenant et le contenu. L’architecture muséale a pris un statut à part entière depuis que les plus grands architectes se sont penchés sur son berceau. De véritables monuments urbains ont vu le jour. Pour ma part, je reste un inconditionnel de la réalisation de Herzog et De Meuron pour la Tate Modern de Londres. Un écrin majestueux pour la collection britannique d’art moderne. Le musée Guggenheim de Bilbao est également une vraie expérience architecturale indépendante. Quant au contenu, plus que de musées, si ce n’est l’exceptionnel collection Frick et Marx au Hamburger Bahnhof de Berlin, je parlerais d’expositions qui ont marqué ma vie d’amoureux de l’art. Et pour ne pas m’étendre, je parlerais des deux expositions phares de la Royal Academy of Art de Londres : Sensation et Apocalyse.

Poursuivons à l’international, pour savoir quelles galeries mettent en lumière, selon vous des peintures ou sculptures de caractère ?

Ropac et Hauser Wirth entre autres.

Enfin, si un peintre devait vous représenter, qui serait il ?

Maurizio Cattalan


Amandine Milossis

Pour Art-Contemporain.Com



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