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Entretien avec Richard DI ROSA - 2ème Partie -
2ème Partie :

Vous avez rencontré le succès assez tôt et jeune…Est il facile de le gérer et avez vous eu peur qu’il vous abandonne ?

Richard Di Rosa :
« C’est toujours pareil, cela dépend des gens. Moi je pense que j’ai su en partie l’assumer. J’ai toujours pris du recul par rapport au succès, et je l’ai plutôt bien vécu.
Et puis il faut savoir que quand tu as du succès tu t’en n’aperçois pas. Tu t’aperçois que tu as eu du succès après. Tu le vois pas, le truc se fait. La vie d’Artiste, ce n’est que des hauts et bas.
Il faut savoir quand t’es en haut, il est difficile de monter plus haut, donc très souvent tu retombes.
C’est comme le 30 du mois, si je n’ai rien fait , c’est un peu frustrant. Mais, le lendemain, le téléphone peut sonner et le banquier, il le sait.
Je n’ai pas pris la grosse tête, contrairement à certains. Je suis toujours avec ma femme que j’ai connue à l’âge de 15 ans. Je suis surtout heureux d’avoir 2 beaux enfants, et de pouvoir à 38 ans faire les sculptures que j’aime.
Le succès, c’est quoi ? c’est tout vendre dans une galerie lors d’une exposition, alors c’est bon.
Et quand tu ne vends pas, ce n’est pas bon. Je n’ai pas besoin de voir ma tronche dans les journaux pour savoir si j’ai du talent ! Je ne me base pas le dessus pour juger, parce que ça n’a pas de sens.
Donc je n’y accorde aucune importance. Le succès ça se gère avec du recul et la tête froide, mais bon ça a un côté grisant. Ca te permet de faire des rencontres avec des gens que tu admires, qui, au fur et à mesure deviennent des amis. Aussi quand on me demande des autographes lors de mes expos, ça c’est sympa !
Que le succès m’abandonne ? La seule chose qui me fasse flipper c’est de ne plus pouvoir nourrir mes enfants et que demain plus personne n’achète mes sculptures, d’être incompris dans mon art…. Mais pour le moment, c’est « out of time », cela me paraîtrait bizarre, même si je ne me prends pas pour un merveilleux sculpteur, j’ai quand même vingt années de travail. »



Quelles sont aujourd’hui vos sources d’inspiration ?

Richard Di Rosa :
« Mes sources d’inspiration, me viennent des gens, de la vie de tous les jours, de mon monde imaginaire, de mes rencontres. Le mois dernier, je suis allé au Zimbawe. J’étais invité par l’ambassade de France pour une expo.
Je ne me suis pas contenté d’exposer, j’ai invité deux sculpteurs locaux Albert Watchi et Crispen Matekenya et on a travaillé ensemble et on a échangé. J’ai pu visiter le pays. J’ai vu les chutes de victoria. Tu n’as pas une idée tout de suite mais je pense que cela aère bien la boîte à idées.
Cela ne tombe pas tout suite mais après il doit t’en tomber par milliers des idées !
Mais attention, il y a 20 ans de travail derrière et donc tout peut devenir source d’inspiration : des pays, des gens, des lieux, et ça peut venir n’importe où, dans mon atelier, ou même dans les chiottes.
La Figuration Libre, ça été principalement le rock and roll, la bd, la télé.
Aujourd’hui, c’est toujours ça qui me passionne et m’inspire.
Mais pour revenir à mon dernier voyage, quand tu prends un mini-bus au Zimbawe, où tu es quinze, avec des poules et des colis, la musique à fond, je trouve ça génial. C’est des expériences qui valent de l’or. »


Avez vous déjà réalisé votre œuvre majeure ou est elle à venir ?

Richard Di Rosa :
« Majeure ? je ne sais pas… Mais il’ y en deux qui me tiennent à cœur :
En 92, j’ai fait une sculpture là où je suis né, où mon père est né, ou mon grand père a immigré. J’était dans l’avion avec le maire de Sète, je lui ai dit : « fais moi faire quelque chose pour ma ville, je n’ai jamais rien fait ! », et ils m’ont dit « ok ! Fais une sculpture pour le Quartier Haut ». J’ai créé «la Madone du Quartier Haut» et ça m’a fait super plaisir, parce que c’est l’endroit ou j’ai eu mes premières émotions, la place de mon quartier.
Fin 1996-début 1997, l’ambassade française au Ghana m’a demandée de réaliser une sculpture avec Kofi Sertordji, sculpteur ghanéen une sculpture monumentale symbolisant l’amitié de nos deux pays, à installer à ACCRA.
Cette sculpture est un mixte de nos deux cultures, mais j’ai tellement appris au contact de Kofi, sur la signification des signes, etc… que j’en garde un grand souvenir.
Mais si on se dit qu’on a déjà fait une oeuvre majeure, il ne reste rien à faire alors je le dis pas. »

Quelle est votre actualité pour 2002 :

Richard Di Rosa :
« 2002, année du football, j’ai deux œuvres qui vont partir pour l’exposition d’Adidas au Japon et en Corée.
Puis une autre toujours sur le sujet du foot, celle de Navarra, elle tourne aussi au Japon et en Corée.
Actuellement sur Paris, j’invite les gens a aller voir ma vitrine à la Cité de Musique, porte de Pantin.
A la galerie Speerstra (4/6 rue du perche – Paris), je présente ma dernière installation, un peu à la mode des années 1980 que j’ai faite TOUT SEUL et mes derniers bronzes, qui sont beaucoup plus formels, abstraits.
Et bien sûr l’expo à la fondation COFFIM jusqu'à fin février 2001.
Et puis, plein d’autres choses, mais je veux pas trop en dire…»

Pour revenir à la première partie : cliquez ici
Entretien réalisé le jeudi 6 décembre 2001,
pour le site www.art-contemporain.com

Merci à Richard Di Rosa.

Bernard Lalanne