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La FIAC 2003 célèbre l'année de la Chine en France?
La FIAC 2003 c'est 175 galeries du monde entier ( contre 80 en 1974 date de sa création) dont de nouvelles recrues venues du Canada, de Cuba, du Japon, du Luxembourg et du Portugal. C'est aussi la volonté incontestable de célébrer des valeurs sûres de l'art contemporain avec un choix plus exigent et soigné d'installations, de vidéos, de peintures parfois râres et de photographies.
La sélection d'oeuvres est variée et plus intéressante que l'an dernier avec la mise en valeur de travaux d'artistes à travers de nombreuses expositions thématiques (l'art italien de 1950 à nos jours à la Tornabuoni galerie, Berlin dans les années 80 à la galerie Tendance...) et des monographies - one man show- (Jean Arp sculpteur à la galerie Nathalie Seroussi, Takayoshi Sakabé chez Lanzenberg, Zao Wou Ki chez Malborough...). Côté photographies, on notera la présence de l'artiste espagnol Joan Fontcuberta à la galerie Senda de Barcelone, Nan Goldin toujours en introspection avec elle-même chez Guy Barschti de Genève ou encore les photographies monumentales sur plexis de Bustamante présentées par Nathalie Obadia.
Mais pour son trentième anniversaire, la FIAC fait la part belle vers la jeune création contemporaine et s'intéresse notamment à la scène asiatique. Elle prends ainsi plus que jamais des allures de manifeste politique. On remarquera ainsi 4 galeries majeures chinoise venues de Shanghai, Hong Kong et Pékin, une galerie coréenne et une japonaise (la galerie Mizuma Art située à Tokyo).
Ces exposants mettent en avant des artistes très engagés. On remarquera notamment la sculpture étonnante de 600 petits livres rouge en céramique de Jingdezhen (ville d'où venaient les céramiques impériales) par l'artiste chinois Xu Yihin exposée par la Chinese contemporary gallery, sculpture qui rapelle le petit livre rouge de Mao, bible du peuple chinois lors de la Révolution culturelle des années 60. D'autres artistes comme Xiang Liqing (galerie de Shanghai) ou Wang Guangyi ( leader du Political Pop Art) critiquent la société de consommation occidentale et portent un regard réaliste sur les cités dortoirs des grandes villes chinoises.
Dans ce même esprit, les artistes emergents présentés par les galeries associées au secteur "Perspectives" sponsorisées par l'espace Paul Ricard se mobilisent, dénoncent, immortalisent des faits de société. L'israélien Pavel Wolberg propose une série de photos réalistes sur les lieux de transit israelo-palestiniens, La galerie Mizuma Art expose des photos de guerre retouchées par l'artiste japonaise Makoto Aida.Toutes les grandes questions sociales sont abordées : l'urbanisme, les talks shows, l'écologie, le gaspillage...
Dans ce parcours éclectique et sympathique, il ne faut surtout pas faire l'impasse sur les 9 oeuvres vidéos de l'espace vidéo-cube. Arretons-nous notamment sur "Volta, 2002-2003" de l'artiste franco-américain Stephen Dean, qui habille de draps multicolores l'espace pour présenter sa vidéo sur le tourbillon de la foule lors d'un match de foot. Sans oublier le remake de scènes du film "les incivils" de Pier Paolo Pasolini, qui pense le jeu de l'acteur et l'oeuvre cinématographique à travers l'art.
Qui dit FIAC dit aussi marché de l'art et tendances. En ce domaine il suffit d'observer du coin de l'oeil et ce dès le premier jour, le grand nombre de pastilles rouge aposées sur les oeuvres de chaque stand. Malgré la recession annoncée et les divergences au sein même du comité organisateur de la manifestation, le crû 2003 semble s'annoncer sous de bons auspices.
Bref, la FIAC 2003 fait un grand pieds de nez à ceux qui la critiquent et asseoit malgrè la conccurence (Art Paris, Frieze à Londres) son rôle fard sur la scène artistique internationale.

Joan Amzallag.

La FIAC
du 9 au 13 octobre 2003
Paris expo Porte de Versailles