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Gilles Rieu: journal en mots et en images d'un français à Hong Kong.

Depuis une dizaine d'années Gilles Rieu parcourt le monde, erre de pays en pays, de ville en ville, avec le même désir, celui de raconter en peinture ce périple à n'en plus finir. A l'image de ces errances géographiques, son art se définit comme un work in progress, se construisant au gré des rencontres et des expériences nouvelles. Oeuvres de grands formats ou carnets de voyages sont les traces de ces passages éphémères , des traces qui se font signes, mots, visages ou simples gestes expressifs. Jamais achevée son oeuvre semble vivre, se nourrir peu à peu du temps et de chaque moment contenus, vécus.
Ce périple dans le monde et en peinture a d'autant plus de sens qu'il est survenu tardivement dans le parcours de Gilles Rieu. A 40 ans, la nécessité de se consacrer corps et âme à la peinture a surgit, comme un refus soudain d’une voie tracée d'avance pour choisir à l'inverse une route pleine d'incertitudes, tracée au fur et à mesure des désirs et des rencontres.


La première série d'oeuvres issue de ces voyages s'intitule "Devoir de mémoire". Là encore il s'agit de traces, celles de l'histoire menacée d'oubli qu'a voulu préserver Gilles Rieu à son passage dans des villes comme Jérusalem, Hiroshima ou Ho Chi Minh. Ses pas l'ont ensuite mené vers des villes dont la vitalité fascine et attire, San Francisco, New York ou Guangzhou en Chine. Ce séjour chinois a été l'occasion pour le peintre de réaliser une grande exposition en 2006. Exposition qui se faisait une fois de plus trace et souvenir de ses rencontres avec les grandes villes. L'artiste trouve dans ces villes effervescentes le matériau nécessaire à sa création et en résulte, à l'image de ces lieux, des oeuvres foisonnantes, libres, et diversement expressives. Si Gilles Rieu trouve sur place son inspiration, de même les matériaux sont à chaque fois prélevés sur les sites de création. L'atelier du peintre n'est alors pas cet antre mythique, clos sur lui-même où s'élabore l'oeuvre dans le plus grand des secrets, mais il est ouvert au monde, ouvert à la vie, ouvert à l'autre.


L'échange, la rencontre et le témoignage sont des aspects essentiels de l'oeuvre de Gilles Rieu, c'est pourquoi il souhaite aujourd'hui faire partager au public français la prochaine étape de son périple artistique. En janvier le peintre et son épouse, Stéphanie, s'installent à Hong Kong pour deux mois.
Engagé dans une nouvelle série "La folle sagesse de l'amour", l'artiste vous proposera de découvrir un processus de création à quatre mains, les siennes à la création plastique et celles de son épouse à l'écriture. Trois formes différentes sont déjà envisagées pour cette nouvelle série d'oeuvres: le carnet de voyage se construisant page par page, une grande toile qui se déroule et s'élabore au fil des jours pour s'offrir finalement dans sa totalité et enfin, un assemblage vidéo, photo et audio révélant impressions et questionnements vécus par le couple tout au long du séjour. C'est sous cette forme expérimentale et multimédia que le site art-contemporain.com vous offrira régulièrement une partie du travail de ces deux globe-trotters. Pour Gilles Rieu, internet permet d'explorer de façon inédite les relations de son oeuvre avec le temps et l'espace. Offrant une trace vivante de ce passage à Hong Kong, à des milliers de kilomètre de là, cette expérience tient à la fois du journal de bord et du carnet de voyage, convoquant les sons, les mots, les images à travers divers média. Une aventure nouvelle et exaltante pour le peintre qui sera aussi pour les internautes une invitation à la découverte.
Découverte d'une ville palpitante et d'un processus de création original. Gilles et Stéphanie Rieu nous donnent donc rendez-vous dans le Mag’Art à partir de mi-janvier.


Florelle Guillaume


le site de l'artiste