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‘ C’est vache ‘
Jacqueline Dubost-Garin, artiste plasticienne a remporté en 2001 le 1er prix d’Installation lors des premières Rencontres Internationales d’Art Contemporain de Chizè.
Pour cette nouvelle édition en juillet 2004, elle fait partie de la programmation officielle avec sa nouvelle installation «c’est vache », signe de reconnaissance pour cette artiste basée en région Poitou-Charente.

Depuis plus d’une dizaine d’années, elle explore divers champs créatifs sur divers types de supports. De la toile, à ses totems en bois, de ses «livres-objets» en passant par ses installations, elle ne cesse de parsemer ses créations de signes.
Signes que sa formation littéraire lui a permis de côtoyer dans leurs expressions fonctionnelles et Signes devenus aujourd’hui abstraits, mouvements, dans l’interprétation plasticienne qu’elle leur donne.


Pourquoi produire des installations ?

J’ai un désir de rendre celui qui regarde plus actif, de l’interpeller pour qu’il engage soit son corps, soit sa réflexion, pour établir un contact différent avec mon travail.
Je continue toujours de peindre parce que j’aime le contact avec la matière, les matériaux. Mais j’ai besoin des installations pour quelque chose qui est peut être plus mental, pour apporter une réflexion sur la société, interpeller celui qui regarde. J’ai besoin des deux. Je m’exprime par ces deux vecteurs. Cela ne met pas du tout en jeu les mêmes choses dans mon rapport avec les autres.


Est ce le même public ?

Cela ne touche pas le même public, les mêmes gens. Un tableau parle à la sensibilité. Les installations, je voudrais qu’elles parlent plus «à la réflexion », qu’elles questionnent, qu’elles obligent à porter un regard sur notre société d’où venons nous, qui sommes nous, comment évoluons nous, comment nous situons nous. C’est une démarche beaucoup plus critique de ma part. Mon engagement est beaucoup plus fort donc j’attends un engagement différent du spectateur, une participation active face à mes installations, alors que l’on est plus passif face à un tableau.


Pour Chizè, vous produisez «C’est vache». Pouvez nous en décrire son processus créatif ?

A Chizé, j’ai constaté que dans un village qui est complètement rural, il reste des étables mais qu’il n’y a plus de vaches. C’est une société dans laquelle, certaines valeurs et images traditionnelles sont peut être parties. Des animaux ont quitté le territoire, des outils ne sont plus là. Il reste parfois l’architecture qui a été redistribuée, retransformée, réutilisée.

Je pense que pour comprendre ce que nous sommes aujourd’hui, il faut se rappeler d’où nous venons mais pas forcément avec un regard nostalgique. Une partie de ma réflexion fera appel au mythe de la caverne de Platon. Si on ne voit plus que des ombres, est ce qu’on peut avoir une vrai vision du monde ?

Je vais faire un travail sur des images, des ombres, des photos, des projections d’images de vaches qui seront destinées à un spectateur assis dans un wagon. Cette fois ci ce ne seront pas les animaux qui regarderont le train mais le contraire.


Bernard Lalanne


2ème Rencontres Internationales
d’Art Contemporain de Chizé.
Du 23 au 26 juillet 2004



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visuel : croquis de Jacqueline Dubost-Garin