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KIMURA
Kimura
A l’Hôtel des Arts de Toulon
Du 29 Novembre 2003 au 11 Janvier 2004

Pour sa dernière exposition de l’année 2003, l’Hôtel des Arts de Toulon rend hommage au peintre d’origine japonaise, décédé en France en 1987, Tshuta Kimura.

En 1953, lorsqu’il arrive en France à Marseille à l’âge de 36 ans, avec sa femme Satchiko, Kimura a déjà exposé au Japon.
Il vient chercher les lumières des Nabis, en particulier celles de Pierre Bonnard. Il est fasciné par cette peinture lumineuse qu’il a découverte chez lui au Japon en 1941.

Rapidement le couple s’installe à Paris et Kimura commence à peindre les parcs et jardins de son environnement comme le Jardin du Luxembourg. Ses premières œuvres dessinées à l’huile et pastel rejoignent cette école de la lumière et des couleurs.

Remarqué par Jacques Zeitoune, directeur de la galerie Art Vivant, l’artiste se lie d’amitié avec Cottavoz, Fusaro et Garbel, autres héritiers des Nabis.

Mais très vite, Kimura sent qu’il doit aller plus loin dans son expression artistique et ne veut pas se limiter à un seul mode de pensée.
A partir de ce moment là, il va exprimer une peinture beaucoup plus personnelle ; à tel point qu’il va se déconnecter petit à petit des contraintes de la vie française.

Jusqu’à la fin de sa vie c’est sa femme qui a été son agent, son
interprète car il n’a jamais appris le français et n’est jamais retourné au Japon.

Dans ce mutisme de l’artiste, le peintre a fait place aux émotions, aux couleurs, aux lignes et contre lignes. Son inspiration a été souvent comparée à cette école américaine de l’expressionnisme abstrait de Joane Mitchell ou de Willem de Kooning.

Les toiles de Kimura peuvent s’assimiler à une lutte interne remplie de couleurs, de formes et de matières.

Au début, il ne sait pas où il va et à fur et à mesure qu’il compose sa toile, c’est un combat : c’est un samouraï qui lutte pour sa survie, pour mieux honorer ses émotions et sa sensibilité.

Lorsqu’on voit des toiles de Kimura il y a dans chacun de nous un sentiment de tourbillon d’émotions, de sensibilités.
Sa technique de peinture est à la fois très spontanée et remplie de formes cachées qui laissent le spectateur perdu dans cet univers pictural.

A la fin de sa vie, Kimura s’installe dans le sud à côté de Cannes et continue à peindre son environnement, le clos Saint-Pierre.
Les pastels de ce lieu montrées à l’exposition nous plongent au plus profond de sa vision du monde, à la fois exaltée de couleurs et aussi imprégnée de sérénité intérieure. La lumière est vive et les mouvements remplis d’émotions et d’enthousiasme .

La force de Kimura réside dans cette dualité existentielle : cette explosion intérieure de formes et de couleurs qui traduit le cri de l’individu face à son environnement et cette sagesse interne orientale qui essaie de contenir ses émotions.

Bien entendu cette exposition ne peut nous laisser indifférent.

Son directeur, Gilles Altiéri, qui a connu l’artiste en 1971, a monté l’exposition avec l’aide de Satchiko Kimura, la femme du peintre.
Cette complicité rend l’exposition attachante car toutes les œuvres sont issues de la collection privée de l’artiste et
l’émotion est au rendez-vous dans chaque salle de ce lieu magique à Toulon.


Yann Rousseau.

Pour tous renseignements sur l’Hôtel des Arts, Centre méditerranéen d’Art du Conseil Général du Var Cliquez-ici

Visuel : Kimura, Champ en Provence, (162x130),1984.