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Portrait photo de Michel Dubois

Michel Dubois est photographe depuis 1980, et brasse différents thèmes, la plupart du temps axés vers les natures mortes.
De ses découvertes artistiques, tels que les grands maîtres du XIX ème siècle, il en éditera en 1980 « L’heure du thé » ; cet ouvrage dévoile tout le cérémonial du thé, accompagné d’anciennes photographies du XIX ème siècle jusqu’aux années 1930.
« Louise au Far West » sera le second ouvrage de Michel Dubois, qui se présentera sous forme de carnet de voyage.
Deux ans plus tard, aura lieu l’exposition au Comptoir de la Photographie ; ses photos de L’heure du Thé, et du livre « Mnémosyne »y seront mis en lumière.
« Mnemosyne » est un ouvrage, consacré à la femme, une femme, nous rappelant le temps de Greta Garbo, ou encore Marlène Dietrich ; subtilité du regard, profils félins plongés dans la pénombre. Les photos nous projettent la féminité absolue, avec cette distinction qui s’éclipse avec le temps.
Sa délicatesse visuelle, se poursuivra par le biais de la technologie numérique ; « les objets technologiques et leur pureté sont une nouvelle source d’inspiration, l’ordinateur permettant la mise en valeur de la perfection de la fabrication industrielle. »
Ainsi en 2005 a été publié « Distractions » synthétisant le travail visuel de l’artiste sur le monde clinique des objets contemporains.


A partir de quel moment vous est venue l’idée de photographier ?
M.D.: En fait j’ai commencé la photo à partir de quinze ans ; je n’ai pas suivi de formation spécifique et je n’ai pas été assistant de photographe. Je suis simplement un autodidacte.

Quelles furent vos influences ?
M.D.: Au début j’ai été influencé par la peinture de Paul Klee et par Bourdin, la photographie ancienne du XIX ème siècle au Bauhaus. Enfin un mouvement qui me touche est, le pictorialiste*, c’est une école qui date de la fin du XIX ème siècle. On y découvre des photographies qui sont proches de la peinture.
Notons aussi le Pop Art, tels que Jones, Lichtenstein ou encore Rosenquist……
*La photographie pictoraliste. Exposition au Musée des Beaux Arts de Rennes jusqu’au 14 janvier 2006.

Dans vos œuvres, avez-vous un thème dominant ?
M.D.: L’objet en général. La nature morte. J’ai du mal à être monomaniaque ; je n’aime pas trop répéter les choses, même si au fil des années, il y a une esthétique commune.

Vous êtes photographe pour une agence de publicité (qui représente Dior, Cartier).Entre vos expositions et votre travail pour cette agence, retrouve t’on une continuité ?
M.D.: En effet, il y a une continuité ; j’y mets le même plaisir .Certes, il y a des limites qu’on m’impose et que je m’impose. Par exemple, la dernière photo comportait une recherche sur l’espace et la lumière, rehaussée de bijoux, pour Cartier.

Etes- vous considéré comme un artiste ou un professionnel ? Il semblerait que cela soit un dilemme dans ce métier….
M.D.: Je suis appréhendé comme un professionnel, mais pas comme un artiste.
Mais cela ne me dérange pas ; un artiste d’ailleurs touche très légèrement le monde du commercial !

Actuellement vous êtes exposé à la Galerie Office thirtysix à Hambourg, quelles sont vos œuvres exposées ?
M.D.: Les poupées et les cactus.
Le thème c’est la mutation, l’hybridation, que nous rencontrons dans dix de mes photos.

Parlez moi un peu de vos poupées, qui sont étonnantes et presque humanisée !
M.D.: Et bien….il y a Nicole, Suzanne, Elsa, Clara et Irène. (Irène qui semble être la poupée préférée de l’artiste).
Ces poupées furent celles de ma fille ou de ses amies……..mais méconnaissables !
Elles sont passées du berceau au manga !

Quelle fut la réaction de votre fille quand elle a vu les photos des poupées ?
M.D.: Très fière d’avoir pu, même faiblement, participer à un acte créatif.


D’où vous est venue l’idée d’en faire des photos ?
M.D.: Après avoir vu « ghost in the shell » de Miyazaki, dessin animé manga.

Les allemands ont eu quel comportement face à vos œuvres ?
M.D.: La réaction du public a été très positive et en même temps interloqués, surpris. Certains ont ressenti ces œuvres comme violentes, choquantes.
N’oublions pas qu’en Allemagne, c’est plus sectorisé, ou l’on aime que les cactus ou que les poupées. En France c’est complètement différent, il y a moins d’appréhension.

Par rapport aux lieux d’exposition, quel est l’endroit où vous souhaiteriez être exposé ?
M.D.: Le MOMA

Avez –vous déjà travaillé avec d’autres artistes, dans le cadre d’un projet d’exposition ou autres ?
M.D.: Vous savez, il y a beaucoup d’artistes qui n’ont pas envie de partager leur travail ! En revanche, j’ai plus envie de faire du court-métrage, en rapport avec des objets…

Les objets, ce mot est souvent présent quand nous discutons…avez-vous un OBJET, qui vous accompagne dans votre vie ?
M.D.: Oui ….j’ai un éléphant en ébène.
Mais je ne suis pas attaché aux objets.En avançant dans la vie, on s’encombre de trop de choses dont en fait nous n’avons pas vraiment besoin.

Si vous deviez faire votre autoportrait ?
M.D.: J’ai les pieds sur terre.Je suis une personne égocentré mais pas égoïste.Je suis partagé entre l’urbain et la nature (le désert, la mer).Enfin j’aime bien les extrêmes, les grandes villes, la trépidation….

Amandine Milossis

Actuellement vous pouvez découvrir sa dernière exposition à Hambourg, où s’amusent ses poupées perdues dans les cactus….. L’exposition a lieu jusqu’au 13 janvier 2006.



Michel Dubois « Hybrid »
Office 36
Danzigerstrasse 36
20099 Hambourg
sur le net

Parallèlement vous pouvez voir d’autres photos à : la Galerie Paule Friedland et Alexandre Rivault
64 rue des Tournelles
75003 Paris
T : 01 42 72 40 95

visuel : Photos de l’exposition « Michel Dubois « Hybrid » - Office 36 – Hambourg
© Michel Dubois